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Apprendre, une joie aussi indispensable que respirer.
Access Réussites est né d’une première expérience avec la création de Management&Handicap en 2007, car j’utilise les valeurs du handicap au profit du management : Persévérance, Méthode, Ingéniosité, Innovation, Risque.
L’objectif est d’accompagner les RH, les Missions Handicap, les managers à l’intégration et au maintien à l’emploi des salariés en situation de handicap.
J’ai à cœur d’accompagner les personnes et les organisations sur la voie de l’acceptation et de l’authenticité. Si ce qui fonctionne et aide la personne handicapée, aide à fortiori les autres.
La situation de Handicap nous met en disposition d’apprendre et d’avancer, de s’améliorer par une remise en question.
De ma rencontre en 2014 avec la psycho-pédagogie positive®, j’étends mon expérience au profit des parents, des enfants, des institutionnels de l’enseignement et des entreprises qui souhaitent accompagner les situations de handicap autrement que sous l’angle de l’obligation législative.

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Philippe Pozzo di Borgo

Philippe POZZO DI BORGO – Par-delà les épreuves, cultiver le goût de l’autre

Se désarmer pour aller vers l’autre

« Pendant les quarante-deux premières années de ma vie, avant l’accident, je croyais être en relation avec les autres : j’étais souriant, sympa, à l’aise partout… mais trop pressé pour être vraiment concerné. Il y a une autre manière d’être à l’autre, sans s’imposer, ni rien vouloir prouver. Il faut se « désarmer », laisser tomber les armes de notre société de compétition, d’humiliation des plus faibles. En fauteuil, c’est un avantage, on est de toute façon désarmé, obligé de faire confiance, de sourire pour ne pas faire peur : il n’y a que les yeux pour établir le contact ! Je demande volontiers que l’on m’embrasse, ou qu’on me touche les mains. C’est dire aussi que je suis disponible pour les relations : on sait où me trouver, et j’ai du temps ! Tout le monde doit faire l’effort de communiquer, et pas seulement les valides ; je dis souvent à ceux qui « débutent dans le métier » du handicap, quel que soit leur âge : créez du lien, les autres ne viendront pas naturellement à vous ! »

Se poser pour se trouver

« Avant mon accident, je n’ai pas su accompagner Béatrice, ma première épouse, pendant sa longue maladie : j’étais trop ambitieux, trop rapide. Je n’ai pas su me mettre à son diapason : il ne faut pas imposer son rythme à l’autre souffrant. Après mon accident (1993) et sa mort (1996), je suis tombé, en plus du chagrin, dans une dépression terrible. La pause m’a été imposée : c’est dans le silence et l’immobilité que j’ai appris que, pour être présent à l’autre, il faut d’abord se trouver, identifier en soi-même ce qui compte, ce qui est acceptable, ce qui est bien et mal. Après le silence, on peut rencontrer l’autre ;  sinon, on ne fait que se croiser. Pour découvrir les richesses du silence, nul besoin d’être cassé, ou vieux ; j’ai eu la chance d’avoir du temps pour cela, mais tout le monde devrait trouver les moyens de le faire. »

Accueillir le prochain

« Je vois plusieurs cercles dans les relations : il y a le cercle de l’intime, pour moi mon épouse et mes enfants. Et puis celui des amis, de la proximité chaleureuse : on ne peut pas multiplier les amis, car chaque amitié est différente, précieuse. Il y faut de la disponibilité, et de l’investissement. Au-delà, il y a ce que j’appelle « l’aère », un mot qui n’existe pas mais qui dit bien la communauté : celle qui respire le même air, partage le même espace, la même tablée. On ne s’est pas choisi mais on fait des choses ensemble, pour les autres et pas contre eux : dans une association, par exemple la maison Simon de Cyrène. Il me semble que c’est l’échelle la plus pertinente, et la meilleure pédagogie possible, pour abaisser les peurs, faire naître la confiance malgré les différences ; les plus fragiles y ont leur place, et il y a du bonheur à vivre ensemble.

Et puis il y a le prochain, celui qui va venir, que j’attends sans le connaître, pour lequel je me rends disponible. L’autre, c’est aussi l’Autre : j’ai été très marqué par le groupe de prière qui se réunissait autour de Béatrice lorsqu’elle était malade, pour lire et commenter les Écritures. Ces amis continuent à prier ensemble, et je me joins à eux par la pensée… même si, pour moi, la foi, c’est très compliqué : je ne prie pas, je m’adresse à Béatrice, qui savait prier, elle, et qui est auprès de Dieu. Je ne demande rien, je ne me plains pas, je fais le blanc, le silence, je respire, je regarde une œuvre d’art… »

S’effacer devant ses enfants

« Ma nouvelle condition me permet d’être plus proche de mes enfants : mes aînés (une fille et un garçon aujourd’hui adultes), je les ai adorés, mais de façon égoïste, sur le mode de la fusion. J’étais tout le temps engagé, je les embrassais, je faisais des choses avec eux, mais je ne les laissais pas s’exprimer, nous ne parlions pas. Après l’accident, il a fallu du temps pour reconstruire des relations, d’autant que leur vie était compliquée. Avec mes deux filles plus jeunes (Sabah, 16 ans, et Wijdane, 7 ans), je suis plus à l’écoute qu’acteur : je sais m’effacer pour leur laisser la place, tout en  transmettant ce dont elles ont besoin pour grandir : être honnête, bienveillant, chercher l’essentiel, remettre les choses en perspective… »

Apprendre de l’étranger

« Mon mariage avec Khadija, qui est d’une culture marocaine traditionnelle, m’a fait comprendre à quel point notre société occidentale est présomptueuse. L’Occident croit que le bonheur est dans la réalisation de sa propre satisfaction, et dans l’optimisation de celle-ci. Alors qu’il est dans la relation à l’autre. Khadija est souvent choquée par nos manières peu aimables les uns envers les autres, peu compatissantes. Ici, au Maroc, dans les hôpitaux, il n’y a rien, mais la famille est autour du malade ; alors que dans nos belles institutions françaises, j’ai vu des gamins rester un an sans visite. Nous avons beaucoup à apprendre de l’autre, de l’étranger. »

Propos recueillis par Guillemette de La Borie en visite 

chez Philippe Pozzo di Borgo, à Essaouira, au Maroc.

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